Marie Derville, photographe du Sport

Marie Derville

L’observation, le timing, et la précision: voici les points communs que les sportifs et Marie Derville partagent. En extérieur, comme dans les gymnases, sa présence en bord des terrains garantit des photographies de grandes qualités. Marie nous exprime sa vision de son métier.

 

Bonjour Marie, peux-tu te présenter s’il-te-plait ? 

Photographe et journaliste le terrain m’anime. Pelouses, parquets, stades, circuits ces terrains deviennent les miens. Tout comme les sportifs, je suis toujours en action et concentrée pour capturer l’action que je désire. A la recherche du meilleur angle et à l’affût, je vis l’événement à travers mon appareil photo avec un oeil sur le match et l’autre dans le viseur. Mon objectif est de montrer ce que les gens ne voient pas et capter l’instant propice, celui qui ne dure que quelques secondes pour qu’il soit marqué dans le temps. Vous l’aurez compris, mon métier est une passion. En tant qu’auto-entrepreneur, j’ai une certaine liberté dans mes reportages et mes articles. 

 
Comment es-tu devenue photographe ?

L’envie de devenir photographe m’est venue d’abord grâce au livre Animal de Steve Bloom alors que j’avais 14 ans. Être photographe animalier était ma première idée, puis, mes centres d’intérêts évoluant avec les années je me suis dirigée vers le sport. Photographe sportif? Oui, cela me paraissait plus me correspondre. Aimant faire du sport et le regarder, j’étais déjà attirée par les photographies du journal L’Equipe. C’est donc naturellement qu’après mon bac, j’ai intégré une école de Photographie suivie d’une école de journalisme pour allier les photos aux mots. Mon aventure a continué sur ce chemin que j’ai choisi lorsque je me suis installée en tant qu’auto-entrepreneur.

 
Tu es souvent en bord de terrain, appareil à la main : pourquoi le choix des photographies sportives ?

J’aime toutes sortes d’événements mais il est vrai que la photographie sportive me donne cette sensation d’être dans l’action. Il faut suivre le match, anticiper les actions des sportifs, avoir une longueur d’avance et repérer tout de suite le meilleur endroit où se placer pour avoir LA photo. Celle qui résumera le match, l’instant décisif. Celle qui marquera les esprits. Ce que j’aime aussi, c’est de se remettre en question pour ne pas tomber dans la facilité en faisant toujours les mêmes prises de vues soit en prenant les mêmes joueurs ou en ayant le même angle. Il faut observer rapidement, pour ne pas louper le moment important. Le temps est limité durant un match, il faut donc se dépêcher tout en prenant son temps.

Marie Derville & Siraba Dembélé
Marie Derville & Siraba Dembélé, joueuse de handball professionnelle au Toulon St Cyr Var Handball

Dans mon travail, les photos ont une composition et un message.

Combien de sports as-tu capturés ? Quelles sont tes difficultés ?

J’ai couvert des sports divers et variés, je peux vous en faire une liste mais j’en oublierai sans doute. L’important ce n’est pas la multitude d’évènements sportifs, c’est plus la manière dont on les aborde. Des photographes peuvent très bien se spécialiser dans un sport. Dans mon cas, la diversité c’est ce que j’aime dans ce métier. Le fait de découvrir un sport, d’apprendre les règles, de comprendre les enjeux. Cela me permet de le décortiquer et de le retranscrire au mieux en photo, c’est peut-être ça la difficulté. Après, si l’on parle technique, évidemment qu’il y a des difficultés d’un sport à l’autre. Mais je m’adapte. Plus je vais sur un même évènement sportif, meilleures sont mes photos.   

J’ai par exemple photographié du hockey sur glace, du basket féminin et masculin, du handball féminin et masculin, du football, une course Monaco Eprix, les concours hippiques, des courses à pieds. Moins communs, des championnats de pétanques ou de Mölky, des meetings aériens – les pilotes sont de vrais sportifs – ou encore des concours canins.

 

Qu’est-ce qu’une bonne photo sportive ?

Question compliquée. Pour moi, “une bonne photo” est subjective. D’une personne à l’autre la photo peut être bonne ou mauvaise. Mais je sais qu’une photo est “bonne” quand j’ai le résultat que je m’étais imaginé. Par exemple, lorsque je sais que je viens de shooter l’action que je souhaitais je me dis que c’est la bonne. Bien-sûr, cela ne fait pas tout une photo correcte passe avant tout par la technique. La technique est très importante pour avoir la base d’une “bonne photo”, après c’est le regard du photographe et dans mon cas, le message que je veux faire passer. Dans mon travail, les photos ont une composition et un message.
Cette phrase du photo-reporter Robert Capa peut très bien résumer la question. Elle me guide aussi : “ Si vos propres photos vous déçoivent, c’est que vous êtes trop loin”.

 
As-tu une préférence entre une photo sportive extérieure ou Indoor ?

J’avoue que je préfère les photos sportives en extérieur pour la lumière naturelle. Dans les salles, l’éclairage n’est pas souvent correct. Mais encore une fois, il faut s’adapter. Mis à part cet inconvénient, ce que j’aime dans les salles c’est d’être emportée par l’ambiance. Cela prend une petite part dans le choix des photos sportives. Un public faisant la fête est toujours plus agréable qu’un public passif durant les matches.

 
Enseignes-tu la photographie ?

Oui, je réalise un atelier photo dans un établissement scolaire. Les élèves – de la 6e à la Terminale – se sont inscrits en début d’année pour le suivre. L’objectif est de leur apprendre à utiliser un appareil et de connaître la base de la technique en manuel. Évidemment, ils ne seront pas photographes du jour au lendemain mais ça leur permet de voir la photographie autrement surtout à cette époque où dégainer son téléphone est bien plus pratique pour eux que d’utiliser un vrai appareil photo. La théorie est importante avant qu’ils n’aillent sur le terrain, où je leur demande de m’expliquer leurs choix de prises de vues.

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